Copyright

"Troupes abyssines", photo d'Arnold Holtz sur carte postale (collection S. Dewel)

inalco.academia.edu/SergeDEWEL

dimanche 4 janvier 2015

Escadron du Négus : une photo insolite!

Quelqu'un a-t-il une piste à proposer ?

 
La légende sur la photo indique : "606e escadron du Négus. 69e peloton" Addis-Abéba 16-10-35 (collection Serge Dewel)


La photographie représente un groupe d'une quarantaine d'hommes portant des uniformes militaires français.
Ils se tiennent devant un ensemble de baraquements (deux bâtiments visibles sur la photo). La baraque la plus en avant porte une pancarte avec l'inscription "a magasin aux cartouches". Ces bâtiments sont couverts de tôles ondulées.
Les sujets photographiés arborent une expression plutôt joyeuse et souriante.
A l'arrière-plan, derrière le groupe et en contre-haut, court une palissade. On peut apercevoir ce qui ressemble à une guérite de l'autre côté de la palissade. De notre côté de la palissade, un homme en uniforme se tient  agenouillée en regardant la scène qu'il surplombe. Il ne semble pas appartenir au groupe; une sentinelle ?
Le plus singulier est à l'avant-plan: un personnage tient une corde dont les deux extrémités sont enroulées autour du cou de ses deux voisins, à gauche et à droite.

Il s'agit d'une photographie imprimée en carte postale, procédé alors courant.
J'ai acquis cette photographie sans autre précision.

Hormis la mention "Addis-Abéba" et la date, j'aurais pensé à une farce et mise en scène (voir photos ci-dessous). Toutefois l'indication d'un lieu et d'une date (mais cela ne fait-il pas aussi partie d'une mise en scène?) m'incite à chercher plus loin.


Humour et exotisme:

Cette seconde photographie montre un groupe d'hommes portant des déguisements de méharistes et sont armés de fusils. Ce qui ressemble à une caisse à munitions, à l'avant-plan, porte une inscription "Au pays du Négus".
Cette photo a aussi été imprimée sur carte postale, avec une adresse en Belgique au crayon reportée au dos.
















 
L'exotisme dans l'humour ne semble pas rare comme en témoigne aussi cette autre carte, trouvée sur un site de vente en ligne:



lundi 25 août 2014

Mouvement charismatique & pentecôtisme en Ethiopie

Mouvement charismatique & pentecôtisme en Ethiopie
Identité & religion

Serge DEWEL
Paris, L'Harmattan, 2014, 256 pages


























Depuis la chute du régime marxiste éthiopien, en 1991, les « Nouvelles Eglises » ne cessent de prendre de l’ampleur dans ce pays chrétien depuis le 4ème siècle. Le phénomène est à ce point remarquable que nombre d’observateurs n’hésitent pas à affirmer la mutation religieuse d’une des plus anciennes chrétientés du monde.

Si telle est l’apparence, les faits démontrent, cependant, qu’aucune métamorphose religieuse ne se produit, mais que l’affirmation identitaire régionale, sans doute encouragée par la proclamation de la république fédérale «ethnico-linguistique », est de plus en plus aigüe.
L’auteur prend le temps de définir les concepts religieux liés à la liturgie pentecôtiste et charismatique et à leur contexte. Après avoir replacé l’arrivée du pentecôtisme en Ethiopie dans la dimension historique et sociale, il propose une nouvelle lecture des statistiques en démontrant la dimension régionale, plus que nationale, du phénomène charismatique et pentecôtiste en Ethiopie.

L'analyse du phénomène, contemporain, est conduite au regard de l'histoire sociale et politique du pays.





lundi 28 avril 2014

JOURNEE D’ETUDES ETHIOPIENNES 16/05/2014

L’Ethiopie dans le regard des autres

Vendredi 16 mai 2014 de 9h00 à 17h00
INALCO Auditorium : 65 rue des Grands Moulins 75013 Paris















photo Serge DEWEL


PROGRAMME

9h00 – 9h25 Accueil

9h30 – 9h40
Présentation de la journée par Delombera NEGGA (INALCO, PLIDAM)

Président de séance : Ursula BAUMGARDT

9h45 – 10h15
Bairu TAFLA (PU - Hamburg Universität - Germany)
From Parzival to Maskal (1215-2003): A Survey of Historic Ethiopia's
Reflections in German Literature

10h20 – 10h50
Jean-Charles DUCENE (DR - EPHE - Paris)
Une vision ottomane de l'Ethiopie : la mission de Sadık ül-Müeyyed al-‘Azm auprès de Menelik II en 1904

10h55 – 11h25
Basma ZEROUALI (MC - École française d’Athènes)
Deux Grecs de Smyrne « aux royaumes de Ménélik »

11h30 – 11h45 Pause-café

Président de séance : Benjamin VOLFF

11h50 – 12h20
Josef SCHOVANEC (Chercheur - EHESS - Paris)
L'Ethiopie vue depuis la Perse : des contacts commerciaux à un imaginaire partagé, aperçu de plus de vingt siècles de littérature

12h25 – 12h55
Robert ZIAVOULA (PU - INALCO, CESSMA)
Territoire et regards d'assignation

13h – 14h Pause déjeuner

Président de séance : Delombera NEGGA

14h10 - 14h40
Beseat KIFLÉ SÉLASSIÉ (Ancien directeur du FFIPC/UNESCO)
L'Ethiopie au regard du panafricanisme et de la renaissance africaine : à la lumière de la pensée d'Aimé Césaire

14h45 – 15h15
Boris ADJEMIAN (Conservateur de la bibliothèque Nubar, CEMAF – Paris)
Des représentations des étrangers en Éthiopie aux représentations de l’Éthiopie dans la mémoire d’une immigration étrangère : le cas des Arméniens du XIXe au XXe siècle

15h20 – 15h30 Pause-café

Président de séance : Basma ZEROUALI

15h35 - 16h05
Serge DEWEL (Doctorant - EA CREE - INALCO - Paris)
Une tentative belge de colonisation en Ethiopie : le voyage du consul-général Blondeel (1840-1842)

16h10 - 16h40
Estelle SOHIER (historienne, Université de Genève)
Jeux de miroir : lecture et usage des médias étrangers par la royauté éthiopienne de Menilek II à Haylä Sellasé (1880-1936)

16h45 – 17h15 Discussions

17h20 – 17h30
Benjamin VOLFF (Historien – CESSMA - INALCO)
Bilan de la journée - Clôture

Manifestation scientifique subventionnée par le CS de l'INALCO

lundi 21 avril 2014

Conférence internationale des études éthiopiennes (ICES) : 2015

Le Department of African Languages and Cultures de l'université de Varsovie organisera la 19ème conférence internationale des études éthiopiennes (ICES), du 24 au 28 août 2015.

Informations et mises à jours sur:
http://wwhttp://www.ices19.uw.edu.pl/w.ices19.uw.edu.pl/

Photo Serge DEWEL

dimanche 6 avril 2014

L'Occident reste le principal investisseur en Afrique, selon Alemayehu Geda.

Selon Alemayehu Geda (http://www.alemayehu.com), professeur d'Economie à l'Université d'Addis Abäba, l'Occident demeure le principal investisseur en Afrique, loin devant la Chine.


"The conclusion one would make from all the media coverage and even the views of ordinary people is that China is this huge foreign investor.

"Yet 90 percent of the (cumulative) foreign direct investment into Africa is still from the West, the United Kingdom, France and the US. China's contribution is actually quite small. China combined with India is less than 6 percent. This gets lost in all the reports,"
(...)

Voir ci-dessous le texte de l'article paru dans China Daily:
http://africa.chinadaily.com.cn/weekly/2014-03/14/content_17347114.htm



Bibliographie:
Alemayehu Geda (2002), Finance and Trade in Africa : Macroeconomic Response in the World Economy Context, Basingstoke, Palgrave MacMillan.

(amazon.fr)

dimanche 2 mars 2014

Une tentative belge de colonisation en Ethiopie (1840-1842)

Une tentative belge de colonisation en Ethiopie : le voyage du consul-général Blondeel (1840-1842)


Edouard Blondeel van Cuelebroeck (Gand, 14 décembre 1809 - Madrid, 18 septembre 1872) fut nommé, en 1837, consul (puis consul-général) du royaume de Belgique à Alexandrie, auprès du vice-roi d’Egypte Muhammad-Ali. Il eut à cœur de rassembler des informations et témoignages sur les régions de la mer Rouge. Avec l’aval du souverain Léopold Ier et du gouvernement belge, il entreprit un voyage d’exploration en « Abyssinie », de 1840 à 1842. L’objectif de son expédition en Erythrée et en Ethiopie était, sans aucune équivoque, l’établissement de comptoirs commerciaux et d’une colonie belge.

Blondeel, à la suite de Combes & Tamisier et Lefebvre, voyagea en Ethiopie en même temps que les frères d’Abbadie et les officiers Ferret et Galinier ; il se trouvait ainsi en Ethiopie pendant le laps de temps qui sépare les deux voyages de Rochet d’Héricourt. Contrairement à la plupart de ses contemporains, Blondeel ne fit pas publier le récit de ses aventures ou ses observations, nonobstant les nombreux rapports envoyés en cours de mission et le rapport général de mission rédigé en 1843 après son retour.

Bien qu’absolument pas inconnu, cet épisode n’a, pour ainsi dire, pas été étudié ; peut-être aussi à cause du non aboutissement de la tentative coloniale. Hormis quelques mentions de cette expédition dans des articles des années 1900-1920 consacrés à l’histoire coloniale belge, une seule étude a été publiée, en 1953. Cette monographie, qui fut ensuite citée par d’autres auteurs, s’appuyait sur une copie manuscrite et postérieure de 50 ans du rapport général de Blondeel datée de 1899 et sur des copies de lettres, mais pas sur les documents originaux qui ne sont pas cités. Nous avons retrouvé les documents originaux (rapport et lettres) aux Archives du Palais royal de Bruxelles dans le Cabinet de Léopold Ier (et quelques lettres originales dans les Archives des Affaires Etrangères).

Dans les rapports et lettres du consul-général, nous retrouvons les grandes figures politiques éthiopiennes de l'époque, rencontrés au hasard des routes ou dans les cours seigneuriales d'un Etat alors très décentralisé: ras  Ali, Wәbe du Sәmen, Gošu du Gojjam…

  
Edouard Blondeel van Cuelebroeck 
(lithographie de J. SCHUBERT, Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Royale)

vendredi 28 février 2014

Ouverture d'un centre d'études africaines en Ethiopie

L'Université de Bohême de l'Ouest (Plzen) a annoncé l’ouverture d’un Center for African Studies en Ethiopie, en partenariat avec l'Université de Jimma. Ce centre est une extension du Center for African Studies (fondé en 2012) du département d'Histoire de la Faculté de Philosophie de l'Université de Bohême de l'Ouest (http://www.africa-pilsen.com/).

Le Center for African Studies de Plzen est aussi le promoteur d’un réseau des études africaines en Europe centrale : le Central European African Studies Network (http://www.africa-pilsen.com/index.php/ceasn) et dont le site internet devrait être accessible prochainement.


Si l’on considère que plus d’un milliard de personnes vivent en Afrique sub-saharienne et que l’Ethiopie est la seconde population du continent, les ressources européennes en matière de recherche scientifique sur l’Afrique restent faibles. Cette nouvelle institution et collaboration académiques ne font que s’inscrire dans ce qui devrait être une logique épistémologique.

samedi 22 février 2014

Manuscrit d'Abba Garima (Ethiopie) sur France Culture (22 minutes)

Remettant en cause la datation par Jules Leroy des manuscrits d'Abba Garima (Garima 1 et 2), Jacques Mercier (CNRS) affirme l'existence de "l'école aksoumite de peinture" (voir les communications sur le site de l'Ethiopian Heritage Fund). En effet, selon Mercier, ces manuscrits seraient nettement plus anciens. Par ailleurs, il tente de démontrer que le Garima 2 est un produit éthiopien (et pas copte). D'autre part, ces manuscrits auraient donc été rédigés en gue'eze aksumite, jusqu'à présent seulement connu par des inscriptions courtes.

http://www.franceculture.fr/emission-chretiens-d-orient-enquete-inattendue-sur-un-manuscrit-ethiopien-



Photographie d'un folio illustré du manuscrit de Garima 1 (tables) © J. MERCIER


Depuis mai 2012, le monastère d'Abba Garima, à Adwa, est complété d'un musée destiné à favoriser la conservation du trésor ecclésial :

http://www.ambafrance-et.org/Inauguration-du-musee-Abba-Garima

dimanche 2 février 2014

Injera, patrimoine national

Le patrimoine national n'est pas que monumental ou architectural. Depuis que l'UNESCO a définit un patrimoine mondial immatériel, de nombreuses fêtes "folkloriques", "traditionnelles"... ont été reconnues et classées. Le patrimoine, par définition, est ce qui est transmis d'une génération à la suivante; c'est le bien de la nation entière, transmis aux générations futures, qui est considéré comme patrimoine national.

En Ethiopie, le plat national des hautes terres, noyau de la "culture éthiopienne", est l'injera, une crêpe à base de t'eff. Le t'eff ou t'ef (éragrostis d’Abyssinie ou poa d’Abyssinie, Eragrostis tef subsp. tef, famille des Poacées ou graminées) est une sorte de pâturin, dont les minuscules graines sont la base de l’alimentation. Son cycle de croissance est court et en 10 à 12 semaines, il produit des tiges de plus d’un mètre de haut tout en se satisfaisant de sols arides. Dans les régions de plus basse altitude, en-dessous de 1900 mètres, le sorgho remplace le t'eff comme denrée principale.

L'injera, accompagné des w'ät' (sauces ou ragoûts) est absolument indissociable de la culture éthiopienne, autant que le riz chez les Thaïs. Dès lors, l'injera et le t'eff font clairement partie du patrimoine national.

L'agence éthiopienne de standardisation vient d'ailleurs de définir l'injera officiel, dans sa composition et sa forme:
http://www.diretube.com/articles/read-injera-got-standardized_4311.html#.Uu4dBfl5PAg 


samedi 18 janvier 2014

Ethiopie: exposition de photos ethnographiques

Témoignage photographique de valeur à la BULAC (Langues 'O): l'exposition de photographies prises par Joseph Tubiana en 1949 dans un village de "Falacha" en Ethiopie:

http://www.bulac.fr/conferencesrencontres/expositions/un-village-falacha-en-1949/